Lieu de mémoire et d'éducation,
La "cité de l'immigration" ouvrira ses portes en 2007.

Jean-pierre Raffarin a relancé, jeudi 8 juillet, le projet, porte Dorée à paris à la place de  l'ancien Musée des arts d'Afrique et d'océanie. Il sera dirigé par l'ancien ministre jaques Toubon .

Le Nom Et Le Lieu ont été définitivement choisi. La cité nationale de l'histoire  de l'immigration devrait ouvrir ses portes en 2007, porte Dorée à Paris, sur le site de l'ancien musée des arts d'Afrique et d'Océanie (MAAO), construit pour l'exposition coloniale de 1931.

L ' idée d'un lieu de mémoire de l'immigration avait été lancée par Lionel Jospin en novembre 2001.II s'agissait de "
mettre en valeur le rôle des immigrés dans le développement économique, social et culturel du pays",comme le résumait le rapport remis à M. Jospin par Drisse EL yazami, délégué générale l'association Génériques , et Rémi Shwartz, maître des requêtes au conseil d'état. Reprenant le projet , M Raffarin avait confié à M .Toubon une" mission de préfiguration" pour en définir les grandes lignes et choisir  un lieu d'implantation. Ses conclusions ont été dévoilées, jeudi, par le Premier ministre .

L'objectif du futur lieu, a déclaré le premier ministre, est "
d'affirmer que l'immigration fait partie de l 'histoire de notre peuple et de notre pays"."Nous voulons dire aux  immigrés que leur histoire est notre histoire, a -t-il ajouté. Ainsi la France leur rend hommage."

Comme le précise d'emblée le rapport  de M.Toubon, le futur « 
musée »devra s'adresser à la fois aux français d'origine étrangère pour qu'il puisse "y retrouver les histoires collectives et singulières " et à  "toute la population française" afin de « changer la représentation des immigrants ".II "s'agit d'inclure l'histoire de l'immigration dans la culture légitime pour sortir du  traitement social ou de la relégation" , insiste la mission.


       

La Cité de l'immigration devrait donc ouvrir ses portes en 2007,dans le palais de la porte  Dorée, monument emblématique du passé colonial de la France, au-dessus de l'aquarium, qui est  maintenu, et de ses célèbres crocodiles. Ce musée «  pas classique » selon  m. Toubon, aura à la fois  une vocation culturelle, de mémoire, d'éducation et de recherche .

Exigences budgétaires

Première mission : les expositions. Une installation permanente  présentera  sous forme  d'un parcours chronologique les différentes vagues  d'immigration arrivant  en France .Elle  sera doublée d'espaces thématiques (les juifs d'Europe centrale, la guerre  d'Algérie,  les  femmes dans  l'immigration …) Panneaux classiques, bornes interactives, sons, photos, témoignages audiovisuels : tous les supports seront utilisés afin de rendre  l'ensemble vivant et accessible. Des expositions temporaires plus ciblées (les travailleurs de Renault sur l'île Séguin ou les étrangers dans la Résistance) viendront en complément.

La Cité de l'immigration abritera également un centre de ressources multimédia,
rassemblant différent fonds de l'histoire de l'immigration et archives publiques et privées, accessible à tout  public. Seront  ainsi gérées une documentation, une médiathèque et une  base de données. Grâce  à la numérisation  des dossiers  de naturalisation  et de demande  de titres de séjour, le musée offrira une aide aux recherches généalogiques.

Enfin, le musée se transformera aussi en lieu culturel  qui accueillera  séminaires, colloques et spectacle sur le thème de l'immigration. Un pôle  d'édition avec un site Internet diffusera des publications  liées  aux expositions. Dès maintenant, le rapport propose d'organiser un" 
musée hors les murs "avec des expositions itinérantes et des spectacles.


Le Monde du samedi 10 juillet 2004


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