|
Dans certaines parties du Globe, on trouve parfois deux mers souvent proches, mais séparées par un bras de terre, tel celui qui relie l'Amérique du Nord à l'Amérique du Sud, ou, si l'on préfère, qui sépare la Mer des Antilles de l'Océan Pacifique. Ainsi en est-il encore entre la Mer Rouge et la Mer Méditerranée. Pour faciliter les échanges ou les traversées des deux côtés de cet obstacle terrestre, réduire la durée et la distance des voyages trop longs par contournement des masses des continents, diminuer les coûts et les risques de la longue navigation par mer, les hommes ont toujours tenté, pour aller d'un point à l'autre de chaque océan de creuser des canaux pour le passage transversal des navires, directement d'une côte à l'autre. C'est ainsi qu'au début du IIème millénaire avant J.C un canal relia le Nil au grand lac Amer. Après des siècles d'abandon, il fut restauré par le vicomte Ferdinand de Lesseps, ingénieur français de génie, pour éviter de passer par la pointe Sud de l'Afrique en se rendant de l'Europe en Inde. Le Canal de Suez fut creusé et inauguré, en grande pompe, le 16 novembre 1869 par l'Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Par ses 160 km, il réunissait, selon la formule de Théophile Gauthier, « la mer Perle à la mer Corail », autrement dit la Méditerranée à la Mer Rouge.
Dans notre grande région, les Américains avaient envisagé, par un traité du 18 février 1916 avec le Nicaragua, l'établissement d'une voie interocéanique à travers ce pays, mettant en communication la Mer des Antilles et l'Océan Pacifique. L'itinéraire choisi en 1929 par une mission d'experts, avait une longueur de 228 km dont 112 traverseront le lac Nicaragua sans aucun travail d'excavations, puisque le lac est assez profond pour laisser passer, en l'état, les plus grands navires. Un autre avantage était que son rivage occidental n'est qu'à 32 km de la côte du Pacifique, « cette mer obscure et grasse », avait dit Magellan, quatre siècles plus tôt. Le Canal devait améliorer d'un jour et demi la durée des voyages des bateaux allant de New-York à San Francisco et vice-versa par rapport à la route de Panama. Cette route, lorsqu'elle était encore terrestre, était empruntée par les Espagnols pour le transbordement des marchandises d'Europe au Chili ou aux Philippines et inversement, trois siècles plus tôt.
C'est le vicomte Ferdinand de Lesseps qui comme à Suez, obtient le marché avec la « Compagnie universelle du Canal interocéanique ». Les travaux qui commencent en 1881 sont arrêtés en 1888. Un arrêt qui est suivi de l'annonce d'un très grand scandale à tous les niveaux de responsabilité. Des parlementaires intermédiaires et d'autres intervenants sont impliqués. De Lesseps, le célèbre et génial ingénieur s'était trompé en croyant devoir faire un canal sans écluses., Baïhaut, ministre des Travaux Publics qui avoua « que pour obtenir le droit d'émettre un milliard et demi de bons, la Compagnie de Panama distribua de l'argent aux journaux, et acheta les votes à la Chambre ». Les administrateurs de Panama furent arrêtés.
Finalement il fut fait location ou plutôt cession de fait à perpétuité d'une bande du territoire de Panama aux Etats-Unis. Ces derniers reprirent les travaux en 1904. Ils furent terminés en 1914, permettant un gain de temps de 60 % sur la route New-York - San Francisco.
Aujourd'hui, environ 25 % des marchandises par mer (hors pétrole) avec le Japon et la Chine transitent par le Canal qui a été un travail de titan. Les « Panamax » ou très gros cargos sont chargés aussi bien de bois exotiques sur
|
|